Bien se défendre dans la rue

Comment bien se defendre dans la rue

Comment bien se défendre dans la rue reste une préoccupation majeure pour beaucoup. Est-ce vraiment dans la rue que le danger est présent ? Comment se préparer à se défendre correctement sans connaître quel est le type de danger potentiel et où il va être possible de le croiser ?

« Qui connaît son ennemi comme il se connaît en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l'ennemi sera victorieux une fois sur deux. Qui ne connaît ni son ennemi ni lui-même est toujours en danger. » Sun Tzu, L’art de la guerre.

Qui est et d’où vient l’ennemi ?

En France 1/3 des agressions dans les lieux publics ont lieu dans les transports en commun (1) Près d'un tiers des atteintes personnelles (insultes, menaces, violences ou vol) dont les Français se disent victimes dans les lieux publics le sont dans les transports en commun. Cette "proportion est plus importante lorsqu’elles ont été commises par une personne inconnue de la victime, durant la semaine ou en journée". "Bien que plus souvent victimes dans les lieux publics, les personnes de 14 à 25 ans le sont relativement moins dans les transports en commun par rapport aux plus de 25 ans". S'agissant du profil général des victimes, dans les transports en commun comparés aux autres lieux publics, il n'y a pas de différence fondamentale selon le sexe.

En 2015, hors attentats, plus d’un homicide de femme sur deux est le fait d’un membre de sa famille (2) Les atteintes sont plus fréquentes et plus graves à l'encontre des femmes de la part du conjoint (3). L'ONDRP pointe une tendance en hausse concernant plus particulièrement un type d’atteinte, les vols personnels, et un type de victimes, les femmes, exception faite des violences sexuelles. Le ministère recense une hausse de 6 % des coups et blessures volontaires (sur personnes de 15 ans ou plus) par rapport aux trois mois précédents (février, mars et avril 2017). « En forte hausse depuis le creux observé en décembre 2016, les coups et blessures volontaires ont atteint en juin et juillet 2017 leur niveau le plus élevé depuis 2013 » expliquent les experts du ministère. (4)

Être conscient

Pour vraiment savoir comment se défendre dans la rue ou ailleurs, il faut tout simplement d’abord être en permanence conscient de son environnement. C'est une discipline de vie, la chose la plus simple, la première et la plus importante qu’il soit possible de faire. Dans le règne animal aucune espèce, si ce n’est quand elle se repose ne baisse totalement leur vigilance. Il n’y a que l’homo sapiens-sapiens pour être naïf à ce point.

En extérieur les personnes malveillantes quels qu’elles soient, recherchent les conditions les plus simples et les moins risquées. Une cible commune sera un individu sur qui il est clairement visible qu’il n’est pas dans son environnement habituel et pourrait être intimidé ou perturbé par les mouvements de la grande ville. Développer une méfiance et/ou un esprit critique naturel de l'endroit où l’on se déplace en faisant attention à tout et à tout le monde autour de soi est un des premiers grands principes de sécurité personnelle. Une personne malveillante ne veut pas être vue avant de commettre une agression. Se déplacer avec la tête haute en surveillant tout sans stress, fait baisser la probabilité de devenir une cible et augmente le temps de réaction.

Les objectifs prioritaires

Être capable de frapper fort n'est qu'une petite partie d'une solution de self-défense. Concentrer son entraînement sur ce facteur-là est une erreur. Diriger un coup a également un impact significatif sur les résultats produits. Le même coup livré à différentes parties du corps d'une personne, aura des effets totalement différents. Un coup de poing porté au bras peut être une nuisance, un coup de poing porté à la mâchoire peut générer un knock-out, un coup de poing porté à la gorge peut être mortel. Un même coup de poing et des différentes cibles donneront des résultats totalement différents. Dans le cas d'un combat de rue avec attaquant multiple, il ne sera pas possible de « prendre la mesure » des agresseurs. Plus il faudra de temps pour neutraliser les attaquants, plus la probabilité d'être battu sera grande. Sous l’effet du stress d'un vrai combat de rue, la détérioration de la motricité rend extrêmement difficile la précision avec les doigts et frapper une cible en mouvement aussi petite que les yeux sont utopiques.

Gardez les mains en l'air

Tout entraîneur en krav maga sait que l'une des premières leçons les plus importantes est de garder les mains en l'air et de toujours protéger son menton. Pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas nécessaire d’être un pratiquant de boxe ou de muay thaï pour mettre quelqu’un hors d’état de nuire. En revanche, beaucoup de mouvements de self-défense initiés à partir d'une attaque en saisie ou de contact n’ont pas nécessairement besoin d’être frappés avec des moyens conventionnels utilisés sur un ring, avec un arbitre. Bien sûr, les gens sont attrapés dans la rue, il y a donc un besoin légitime de savoir comment briser ces saisies, mais l'accaparement précède généralement le coup de poing en quelques millisecondes. Dans la rue, sans les gants qui doublent la surface des mains, il est préférable d'être évasif et d'éviter de se faire toucher, ou de se couvrir et de mettre le plus de masse possible entre le poing et la cible. Travailler au développement d'une garde efficace et dynamique est beaucoup plus utile.

Symptômes d'un KO

"Le cerveau peut alors heurter, plus ou moins violemment, la table interne de la voûte crânienne. Il se produit alors un "cisaillement" d'une région du tronc cérébral dénommée le noyau réticulaire. C'est une région constituée de substance grise que l'on retrouve au niveau du pont, de la moelle allongée et du mésencéphale…" (5) Un ou plusieurs signe d’une commotion cérébrale peut se manifester de façon immédiate ou retardée. Il s'agit pour les principaux de :

  • perte de connaissance ;
  • troubles de l'équilibre ou de la vision ;
  • maux de tête ;
  • fatigue ;
  • troubles de la mémoire ;
  • ralentissement des idées ;
  • somnolence et/ou troubles du sommeil
  • hypersensibilité au bruit et/ou à la lumière ;
  • irritabilité, tristesse, impression d'ivresse .

Ces symptômes trahissent une souffrance du cerveau. Ils peuvent être présents dès le choc initial ou apparaître après l'accident.

Protéger la tête

Même face à quelqu’un de totalement inexpérimenté il est impérieux de protéger sa tête, son visage et son menton lors d'un combat. Il est extrêmement facile à qui que soit de provoquer un ko en percutant cette zone du corps humain.

Ne pas gaspillez son énergie à fuir

Fuir, combattre ou se soumettre tels sont les uniques options possibles. La décision de fuir doit être stratégique. Se tourner pour fuir au mauvais moment expose son dos à l'assaillant, ce qui rend vulnérable et moins capable de se défendre. Gaspillez son énergie en essayant de fuir et échouer, diminue la capacité à continuer le combat. Une fuite doit donc être également extrêmement stratégique.

Le mouvement constant et imprévisible

Une cible en mouvement sera toujours plus difficile à atteindre. Utiliser un mouvement constant et un décalage imprévisible pour éviter et se repositionner dans par rapport à l’attaquant rend plus difficile pour celui-ci de porter des coups efficaces. La gestion de la distance est l’essence même de toutes pratiques de combat. Elle prend tout son sens dans le cadre d’une agression et commence dès la phase de pré-agression.

Le bouclier

Il n’est pas possible de combattre plusieurs personnes en même temps. Cependant, il est possible de combattre une personne à la fois. Le bouclier consiste à sélectionner l'un des membres du groupe (celui qui semble le plus faible en premier) et à mettre cette personne entre vous et les autres assaillants. L'objectif est de rester de l'autre côté d'une personne, en faisant de son mieux pour le neutraliser avec des attaques invalidantes et bien placées. Il n'est pas possible d'exposer et d'expliquer précisément comment faire si ce n’est en pratiquant du krav maga.

Déviation et redirection

Il est statistiquement peu probable d’être agressé par un groupe de personnes qui se sont entraîné ensemble pour coordonner leurs actions contre une seule victime. Cela étant dit, il est possible de s’entraîner à se battre de manière à gérer cette situation et de la retourner contre eux. En déviant et en redirigeant efficacement les membres d’un groupe, il est possible de leur envoyer des obstacles les uns dans les autres ou dans des objets environnementaux tels que des murs, des véhicules ou des poteaux.

Dévier consiste à contourner l'élan de l'attaquant, puis à le tirer, le déséquilibrer ou le pousser vers un objet fixe. La redirection est similaire et consiste à retourner l'attaquant vers un objet ou un autre membre du groupe, à le tirer ou le pousser dans cette direction. La clé est de créer autant de chaos possible tout en maintenant l'équilibre, la stabilité et le contrôle de soi. Plus il est possible de tirer,  repousser les attaquants et les déséquilibrés dans des directions qu'ils ne veulent pas aller, plus ils auront de difficulté à vous vaincre.

L'éclatement

En situation de stress, celui-ci générera une vision en tunnel et la vision périphérique s'effondrera et il ne sera plus possible de faire face qu’à des attaques venant de l'avant. Avoir des agresseurs à côté ou derrière est une très mauvaise chose, car ils seront encore moins visibles. Il faut éviter cela à tout prix. L'éclatement consiste à exploser vers l'un des membres du groupe, ou vers un espace entre deux d'entre eux, et sortir d'une position entourée. Habituellement, il est préférable de choisir quelqu'un qui semble le plus faible ou un participant plus réticent. Si vous avez l'air assez agressif, il va se mettre à l'écart, vous laisser passer et essayez de lutter avec le groupe une personne à la fois.

Contrôler son environnement

Dans tout combat il faut contrôler son environnement et ne pas le laisser nous contrôler. Contrôler son environnement implique d'utiliser la surface du terrain, l’environnement et même l'éclairage à son avantage. Exemple : si vous êtes près d'un escalier, prendre de la hauteur. Cela donne une meilleure position de frappe et limite le nombre de personnes qui peuvent attaquer. Utiliser des barrières telles que des véhicules entre vous et vos agresseurs pour limiter leur accès. Cela peut également les ralentir et augmenter votre avance si vous décidez de fuir. Utilisez des obstacles pour frapper vos attaquants contre. Les portes, les coins, les murs, etc. peuvent tous faire des «armes environnementales» dévastatrices lorsqu'elles sont combinées un corps qui est lancé avec un objet dur qui ne bouge pas....

Prioriser et alterner les contres attaque

Dans une agression impliquant plusieurs menaces, la survie dépend de la priorisation et de l'alternance des contre-attaques sur la base du danger immédiat. Si la situation dans son ensemble est menaçante pour la vie, il faut d'abord s’attaquer à l'agresseur le plus menaçant ou le plus disponible en priorité.

Conclusion

Tout ceci n’est qu’une approche d’un système de défense efficace et globale. La théorie est le fondement de toutes mises en pratique, mais sans entraînement, en l’occurrence de krav maga, cela n’a aucune utilité.

Sources

(1) Les atteintes personnelles dans les transports en commun
Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice
http://inhesj.fr/sites/default/files/ondrp_files/publications/pdf/reperes32.pdf
(2) Les femmes victimes d'homicides
Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice
http://inhesj.fr/sites/default/files/ondrp_files/publications/pdf/Flashcrim12.pdf
(3) Atteintes psychologiques et agressions verbales entre conjoints. INSEE
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2019028
(4) Interstats Conjoncture N° 23 - Août 2017. Ministère de l'Interieur
https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Interstats-Conjoncture-N-23-Aout-2017
(5) Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Knockout

 

01/12/2017


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