Apprendre de la lenteur en krav maga

krav maga la rochelle 41

Utilisés maintenant par beaucoup de sportifs de haut niveau comme le golf, le tennis... L’entraînement par la répétition du mouvement lent prend sa source dans les arts martiaux ancestraux comme l'Iaïjutsu, le kenjutsu ou le Taï Chi Chuan. (1) Même si le krav maga est un système de combat moderne, il existe pour les mêmes motifs, plusieurs excellentes raisons d'utiliser le mouvement lent comme méthode d’apprentissage. Les raisons les plus intéressantes sont basées sur les principes de la règle de Weber Fechner et sur la plasticité neuronale.
 
Loi de Weber-Fechner
 
Ernst Weber (1795-1878) initiateur de la psychophysique ; discipline ayant pour objet d'étude les relations quantitatives entre stimulus physique et sensation psychologique. Cette approche se fonde sur le fait que des mesures objectives peuvent être mises en relation avec un ressenti psychologique, liées à la réaction à ce stimulus. Ernst Weber tente d'objectiver les processus psychiques par l'étude des signaux et organes sensoriels.
 
Concept
 
Un seuil différentiel est l'écart détectable entre deux valeurs d'un stimulus, qui a plus d'une chance sur deux d'être perçu. La loi de Weber-Fechner définit une fonction qui permet de connaître le seuil à partir duquel on détecte une différence sensorielle. Cette règle fonctionne pour toutes les variétés de la perception sensorielle, y compris les sensations de l'effort musculaire.
 
Applications

  • si l’on veut rendre le mouvement qui est en train d’être apprit plus efficace, il faut être conscient du moment où le travail est trop dur musculairement parlant.
  • si l’on sait quand ralentir on augmente ainsi sa capacité à détecter les différences dans le niveau d'effort musculaire ;
  • on augmente ainsi la capacité du cerveau à détecter et à corriger tout excès potentiel et effort inutile.

 
Bénéfices
 
En appliquant la règle de Weber Fechner, il est possible de se discipliner sur le fait qu'un mouvement lent conduit à :

  • une perception plus précise du mouvement ;
  • plus de discernement dans la mécanique du mouvement ;
  • le cerveau dispose d'informations plus détaillées et plus précises pour construire la carte des mouvements ;
  • la carte devient plus claire avec une résolution plus grande et plus précise.

 
La plasticité neuronale, clef de l’apprentissage
 
Chaque seconde, notre cerveau se modifie en fonction des expériences que l'on vit. Au cours de ces expériences et de ces apprentissages c’est la structure même du cerveau qui se modifie avec la fabrication de nouvelles connexions entre les neurones. C’est un processus physiologique d’adaptation du système soumis à l'influence de facteurs environnementaux, génétiques ou épigénétiques. Un exemple éloquent parmi tant d'autres de plasticité cérébrale a été décrit chez des sujets qui ont appris à jongler avec trois balles (2). Après seulement trois mois de pratique, l’IRM a montré un épaississement des régions spécialisées dans la vision et la coordination des mouvements des bras et des mains. Quand l’entraînement à cesser, les zones précédemment épaissies rétrécissent. La plasticité cérébrale se traduit donc non seulement par la mobilisation accrue de régions du cortex pour assurer une nouvelle fonction, mais aussi par des capacités de réversibilité quand la fonction n’est plus sollicitée. Contrairement aux anciennes théories qui prétendaient que tout était joué très tôt, rien n’est jamais figé dans notre cerveau, quels que soient les âges de la vie.
 
Processus fondamental
 
La plasticité neuronale se définit comme l’ensemble des manifestations traduisant la capacité des neurones à se modifier et se remodeler tout au long de la vie.

  • l’un consiste à multiplier les connexions et/ou les neurones (neurogenèse) (3)
  • l’autre est responsable de la suppression de connexions inefficaces ou inutilisées. Ce processus, appelé élagage synaptique (4) participe pleinement à la neuroplasticité cérébrale, donc à notre capacité à apprendre et à mémoriser.

 ...

 

23/12/2016